L‘industrie 4.0, c’est décidé, j’y vais …

Le principal défi auquel la France devra faire face dans la décennie à venir est sans nul doute la ré-industrialisation de son territoire.

L‘industrie 4.0, c’est décidé, j’y vais

En septembre 2013, le précédent gouvernement a inscrit l’Usine du Futur dans les priorités de sa politique industrielle. Cinq ans après, l’engouement est réel autour de cette 4ème révolution industrielle, et pourtant, chacune des rencontres de nos consultants avec les dirigeants débouche inévitablement sur les mêmes questions :

–         Quelle différences entre la smart factory, l’industrie 4.0, la continuité numérique et la transformation digitale ?

–         Tous les secteurs industriels sont-ils concernés ?

–         Est-ce que mon organisation sera impactée par cette nouvelle vague ?

–         Par où commencer pour entreprendre cette transformation ?

–         Mes collaborateurs sont-ils prêts ?

–         Est-ce que mon organisation a la capacité d’absorber un tel changement ?

–         Faut-il faire un benchmark de mon organisation ?

–         Quel lien entre l’industrie 4.0 et la stratégie de mon organisation ?

–         Faut-il digitaliser toute l’organisation ?

–         Quelles solutions mettre en œuvre : Big Data, Intelligence Artificielle, Cobot, Machine Learning, Iot, Blockchain, Fabrication Additive, Machine to Machine, Réalité Augmentée … ?

Si tous s’accordent à dire que la transformation digitale poussée par le gouvernement devrait permettre d’accroître efficacité, performance et compétitivité, rares sont ceux qui incluent ce projet majeur dans la stratégie de leur entreprise.

L’industrie 4.0 est bien souvent associée à une évolution informatique et technologique ne remettant pas en cause les processus de l’entreprise. Notre rôle premier est de rassurer les décideurs sur cette industrie du futur et de les accompagner dans la transformation de leurs organisations.

En premier lieu, ce qu’on appelle l’industrie 4.0 s’applique de manière différente selon qu’on adresse l’industrie de process ou l’industrie manufacturière. Ensuite elle ne met pas en jeu les mêmes solutions et se décline différemment selon les secteurs de l’organisation qui vont être impactés : finance, R&D, production, qualité, supply chain … Pour terminer, l’industrie 4.0 n’est pas une fin en soi, c’est un des moyens permettant à l’entreprise de réaliser ses activités de manière différente de ses concurrents, c’est-à-dire de soutenir une stratégie clairement établie et partagée avec l’ensemble de l’organisation.

J’y vais, mais comment ?

L’expérience nous montre que la plupart des décideurs que nous avons rencontrés ont relégué la question de l’industrie 4.0 à un vaste (et vague) projet informatique, le DSI ayant comme responsabilité de définir ce qui devait être « digitalisé ».

Pour les autres industriels, la consigne donnée est de « passer à l’industrie 4.0 », sans plus de détails. Comprenne et agis qui pourra.

La démarche la plus pertinente, basée sur une approche BSC (Balanced Scorecard) permet d’aller droit au but en suivant les cinq étapes clairement identifiées :

–         Inscrire l’industrie 4.0 dans la stratégie de l’entreprise,

–         Faire évoluer les modèles économiques et organisationnels,

–         Repenser les processus stratégiques,

–         Définir compétences et moyens d’apprentissage,

–         Intégrer le changement comme mode de pensée.

L'industrie 4.0, c'est décidé, j'y vais
  1. Inscrire l’I4.0 dans la stratégie

Nous n’avons pas rencontré beaucoup d’entreprises qui ont formulé de manière précise leur stratégie. Bien sûr leurs dirigeants définissent la direction à prendre, mais généralement ils se contentent de suivre les indicateurs habituels (CA, marge, entrée de commandes, taux de service, niveau de stocks, …) et souvent, constatent au bout du compte, la diminution de la rentabilité.

Nous ne saurions que trop recommander aux dirigeants de commencer par une étape de compréhension des enjeux portés par l’I4.0. Ceci se traduit généralement par un atelier de travail avec l’ensemble du Comité de Direction au cours duquel une « big picture de l’I4.0» est présentée avant d’animer une séance sur la façon d’inclure la problématique dans la stratégie, d’en mesurer les impacts et les bénéfices.

Définir une stratégie consiste à déterminer de quelle manière les activités de l’entreprise vont être réalisées pour se différencier de la concurrence et l’industrie 4.0 est un des outils des années à venir dont disposent les dirigeants.

  1. Faire évoluer les modèles

Faire toujours plus de la même chose n’a jamais révolutionné les entreprises. L’industrie 4.0 est l’événement déclencheur qui devrait permettre de faire évoluer modèles économiques et modèles organisationnels. L’histoire est remplie d’exemple de sociétés renommées qui ont périclité parce qu’elles n’ont pas su se réinventer.

Pour faire évoluer son modèle économique il est indispensable de revoir son modèle organisationnel. A l’instar de l’informatique qui voit son modèle pyramidal très hiérarchisé se transformer en un modèle éclaté, connecté et sécurisé, l’entreprise doit elle aussi se transformer en organisation apprenante facilitant l’autonomie, la collaboration et l’apprentissage.

L’organisation « caméléon » sera certainement celle qui sortira du lot et assurera sa pérennité : rapidité + adaptabilité.

  1. Repenser les processus stratégiques

C’est à cette étape primordiale que les outils de l’industrie 4.0 vont prendre tout leur sens. La manière dont vont être exécutés les processus stratégiques et les objectifs à atteindre vont permettre de définir les outils qui vont soutenir ces activités.

Chacun des processus cibles doit être analysé, décortiqué et repensé en positionnant les bonnes solutions technologiques du marché à chacune des étapes clés des activités. La liste ci-dessous est donnée à titre d’exemple :

–         DECISIONNEL : Big Data, Machine Learning, Intelligence Artificielle,

–         OPERATIONNEL : Robot, Cobot, Fabrication Additive, Réalité Augmentée,

–         TECHNOLOGIQUE : Block Chain, Iot, Machine to Machine, NFC, CPS …

Sans perdre de vue que la Cyber sécurité est un enjeu majeur des projets qui sont conduits par les entreprises dans le cadre de l’industrie 4.0.

Nous ne pouvons qu’encourager les entreprises à s’engager vers la continuité numérique pour répondre aux demandes toujours plus pressantes des autorités, des clients et des consommateurs.

  1. Définir compétences et moyens d’apprentissage

Nous savons que la plupart des métiers de demain n’existent pas encore. Il est d’autant plus important de définir la stratégie de son entreprise pour identifier quelles compétences seront nécessaires pour exécuter les processus, mais aussi déployer, faire vivre et maintenir ces nouvelles solutions.

Transformer son organisation en organisation apprenante et donner les moyens à chacun d’apprendre au quotidien pour que la valeur délivrée soit toujours à la hauteur des enjeux de l’entreprise est un véritable challenge et nécessite bien souvent des investissements importants.

On dit souvent que l’information est le « principal actif immatériel » des entreprises, mais que dire alors de l’organisation et des collaborateurs, sans qui les projets ne seraient pas et sans qui les systèmes ne vivraient pas. Le collaborateur est, et restera le moteur de cette révolution industrielle.

Nous accompagnons souvent les entreprises sur ce chemin difficile de la gestion des compétences, de la formation et des moyens d’apprentissage.

  1. Intégrer le changement comme mode de pensée

« Rien n’est permanent, sauf le changement » disait Héraclite. Nous partageons largement cette citation et nous suggérons aux entreprises d’intégrer le changement comme mode de pensée afin de garder l’entreprise dans une dynamique d’innovation et d’amélioration.

Avec des outils d’analyse systémique adaptés et la valorisation de l’intelligence collective, l’entreprise privilégie l’atteinte des objectifs globaux et la réussite de l’organisation.

L’industrie 4.0, un pari ambitieux

Ne nous y trompons pas, cette transition ne sera pas simplement technologique, car pour réussir ce pari ambitieux de conserver et de développer l’industrie dans notre pays, les décideurs devront avant tout transformer leurs organisations et développer de nouveaux modèles de collaboration. Déjà, sphère privée et sphère professionnelle se confondent et produits et services se rencontrent autour d’une valeur d’usage proposée par les industriels. Les clients et les consommateurs sont plus que jamais des acteurs incontournables, modelant l’industrie au travers des applications qui leur donnent un accès direct aux marchés.

Ce n’est qu’avec une industrie innovante, agile, collaborative et responsable, reposant en grande partie sur cette Usine du Futur que la France pourra renouer avec la croissance.

Pour en savoir plus : T.LARGERON – Directeur de Missions – Groupe SPC

Thierry.largeron@groupe-spc.com

Le mag 4.0

Les 30 ans de SPC vu par Thierry Lacombe, PDG 2

Les 30 ans de SPC vu par Thierry Lacombe, PDG

EvénementsNews
Un bilan riche de centaines de projets et autant de retours d’expériences. Un capital que nous préservons précieusement. Un bilan riche de rencontres, avec des clients qui nous sont restés majoritairement très fidèles ...
Exemple contenu d'événement FR 1

Le laboratoire 4.0 et le Cloud

ArticlesNews
Cette interrogation vient principalement du fait que toutes les industries subissent une forte pression pour réduire les coûts et optimiser l'efficacité opérationnelle, tout en améliorant le niveau général de qualité et de conformité aux réglementations
Manufacturing Execution System 1

Quelle solution, LIMS ou LES ?

ArticlesNews
Si le terme de LIMS (Laboratory Information Management System) fait partie du vocabulaire du milieu des sciences analytiques, la notion de LES plus récente, est quant à elle encore mal appréhendée
Data Integrity 5

L'industrie 4.0, c'est décidé, j'y vais

ArticlesNews
En septembre 2013, le précédent gouvernement a inscrit l’Usine du Futur dans les priorités de sa politique industrielle et aujourd’hui, la question que doivent se poser les dirigeants n’est pas de savoir s’il faut y aller, mais quand et surtout comment.